La « surveillance » des diocèses : quand le Synode allemand bute sur l’ecclésiologie

 

 La « surveillance » des diocèses : quand le Synode allemand bute sur l’ecclésiologie




🇩🇪 Zusammenfassung (latinisierendes Deutsch)

Der Synodale Weg ist an einen ekklesiologischen Scheidepunkt gelangt.
Eine Resolution zur „Überwachung“ der Diözesen berührt die Eigenautorität des Bischofs.
Kardinal Marx selbst warnt vor einer Instanz über den Bischöfen.
Die römische recognitio könnte hier Grenze oder Präzedenzfall werden.


📰 Article

La sixième assemblée du Synodaler Weg allemand devait être une étape technique : vérifier comment les résolutions votées ces dernières années étaient mises en œuvre dans les 27 diocèses. Une sorte de bilan.

Elle s’est transformée en débat de fond sur la nature même de l’autorité dans l’Église.

Le 31 janvier, une résolution est adoptée demandant que la future « conférence synodale » surveille régulièrement l’application des décisions dans les diocèses. Le mot allemand employé est monitoren. Officiellement, il ne s’agit pas de « contrôler », mais « d’accompagner ».

Mais tout le monde a immédiatement compris ce que cela impliquait.
Accompagner suppose d’évaluer.
Évaluer suppose de juger.
Et juger suppose une autorité.

À partir de là, ce n’est plus une question de méthode. C’est une question d’ecclésiologie.

C’est le cardinal Reinhard Marx qui a mis les mots sur le malaise. Lui qui avait présidé au lancement du synode en 2019 s’est opposé frontalement à la résolution :

« Je ne veux pas d’une autorité supérieure qui me surveille constamment en tant qu’évêque. C’est précisément ce que Rome a critiqué. »

Soutenu par l’évêque Peter Kohlgraf, il a dénoncé le risque de voir l’assemblée synodale devenir une instance quasi-souveraine pesant sur la liberté propre de l’évêque dans son diocèse.

Le paradoxe est saisissant : vouloir échapper à une tutelle romaine pour recréer, au niveau national, une forme de tutelle synodale.

Le vote est pourtant passé. Mais dans des conditions qui ont immédiatement rendu le résultat fragile : 122 voix pour, 11 contre, 6 abstentions, avec près de 40 délégués absents et seulement 33 évêques présents sur 59. Parmi eux, la résolution n’obtient que 21 voix favorables — exactement la majorité des deux tiers requise.

Pas de large consensus. Plutôt une ligne de crête.

Car tout le monde sait que le vrai moment décisif ne s’est pas joué le 31 janvier. Il aura lieu à Würzburg, du 23 au 26 février, lorsque les évêques devront voter les statuts de cette conférence synodale, qui devront ensuite être envoyés à Rome pour une recognitio ad experimentum.

Et c’est là que la question devient brûlante.

Depuis 2019, le Vatican répète qu’aucun organisme synodal ne peut limiter l’autorité d’un évêque dans son propre diocèse. Ce principe n’est pas disciplinaire, il est structurel : l’évêque tient sa juridiction du Christ, pas d’une assemblée.

Dès lors, ce débat allemand dépasse largement l’Allemagne. Il pose une question simple, mais redoutable :

L’Église est-elle gouvernée par des évêques… ou par des assemblées ?


🇬🇧 Key Points (English)

  • A synodal body seeks to “monitor” diocesan implementation.

  • Cardinal Marx warns against a national authority over bishops.

  • The vote passed with a minimal episcopal margin.

  • Vatican approval (recognitio) will be decisive.

  • The issue touches the core structure of Catholic governance.🎯 Punchline



🗞️ Sources (journaux)

  • LeCatho.fr

  • The Pillar

  • ZENIT

  • Katholisch.de

  • Die Tagespost

  • Vatican News

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