Autriche : une œuvre catholique alerte sur les millions d’enfants victimes de la traite
À l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des personnes, l’organisation catholique Jugend Eine Welt rappelle que près d’une victime identifiée sur trois est mineure.
Saint du jour
Saint Pierre Chrysologue, évêque et docteur de l’Église
Né vers 380 à Imola, dans l’actuelle Italie, Pierre devint évêque de Ravenne, alors l’une des principales villes de l’Empire romain d’Occident.
Son surnom de « Chrysologue », qui signifie « parole d’or », lui fut attribué en raison de la force et de la concision de sa prédication. Près de cent quatre-vingts de ses sermons ont été conservés.
Pierre Chrysologue cherchait à rendre la foi compréhensible aux fidèles sans transformer ses homélies en traités interminables. Il fut proclamé docteur de l’Église en 1729.
Résumé en allemand
Zum Welttag gegen Menschenhandel am 30. Juli warnt die österreichische katholische Hilfsorganisation Jugend Eine Welt vor der zunehmenden Ausbeutung von Kindern und Jugendlichen. Fast jedes dritte identifizierte Opfer von Menschenhandel ist minderjährig. Kinder werden zur Arbeit, zur Bettelei, zu kriminellen Handlungen oder zur sexuellen Ausbeutung gezwungen. Besonders gefährdet sind junge Menschen, die in Armut leben, auf der Flucht sind oder keinen Zugang zu Bildung und sozialem Schutz haben. Jugend Eine Welt unterstützt deshalb gemeinsam mit seinen Don-Bosco-Partnern Präventionsprogramme, Schulen, Schutzhäuser und berufliche Ausbildung. Die Bekämpfung des Menschenhandels beginnt nicht erst bei der Polizei: Sie verlangt eine Gesellschaft, in der kein Kind so verlassen ist, dass ein falsches Versprechen wie eine Rettung erscheint.
Article
À l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet, l’organisation catholique autrichienne Jugend Eine Welt attire l’attention sur la situation des enfants et des adolescents soumis à différentes formes d’exploitation.
Près d’une victime identifiée de la traite sur trois serait mineure. Cette proportion montre que le trafic d’êtres humains n’est pas seulement alimenté par des réseaux criminels recherchant une main-d’œuvre adulte à bas prix. Il se développe aussi autour de la vulnérabilité particulière des enfants.
Certains sont exploités dans l’agriculture, les mines, les ateliers clandestins ou le travail domestique. D’autres sont contraints de mendier, de commettre des délits, de rejoindre des groupes armés ou de subir une exploitation sexuelle.
Les catégories administratives ne doivent pas masquer l’unité de ces situations. Dans chaque cas, un enfant est transformé en instrument de profit au bénéfice d’un adulte ou d’une organisation.
La traite commence rarement par un enlèvement spectaculaire. Elle s’installe souvent à partir d’une promesse. Un intermédiaire propose un emploi, une formation, un voyage ou une place dans une école. Pour une famille plongée dans la pauvreté, cette proposition peut sembler offrir enfin une issue.
L’enfant découvre ensuite que la dette du voyage doit être remboursée, que ses papiers ont été confisqués ou qu’il ne peut plus quitter son employeur. La prétendue occasion devient une captivité.
Les jeunes migrants non accompagnés sont particulièrement exposés. La disparition d’un adolescent au cours d’un parcours migratoire n’attire pas toujours la même attention que celle d’un enfant entouré d’une famille, d’une école et d’un voisinage capables de donner rapidement l’alerte.
Cette inégalité de vigilance crée un terrain favorable aux trafiquants. Moins une personne possède de liens sociaux reconnus, plus il devient facile de la faire disparaître sans bruit.
Jugend Eine Welt travaille avec le réseau salésien de Don Bosco dans plusieurs pays. Ses partenaires soutiennent des écoles, des centres d’accueil, des programmes de formation professionnelle et des structures destinées aux enfants des rues.
Cette action s’inscrit dans l’héritage de saint Jean Bosco, qui avait compris, dans le Turin industriel du XIXe siècle, qu’un jeune abandonné ne pouvait être protégé par de simples exhortations morales. Il lui fallait un toit, une éducation, un métier et la présence durable d’adultes dignes de confiance.
L’éducation constitue l’un des principaux moyens de prévention. Un enfant scolarisé, connu de ses enseignants et intégré à une communauté locale est plus difficile à isoler. Une formation professionnelle réduit également la dépendance à l’égard des recruteurs qui promettent un emploi introuvable sur place.
La lutte contre la traite ne peut cependant pas être abandonnée aux seules œuvres caritatives. Elle concerne les États, les entreprises, les consommateurs et les plateformes numériques.
Certaines chaînes de production mondialisées entretiennent une distance commode entre l’acheteur et les conditions réelles de fabrication. Un objet très bon marché peut dissimuler du travail forcé sans que le consommateur puisse facilement le savoir.
Il serait toutefois trop facile de transformer chaque achat en examen de conscience impossible. La traçabilité relève d’abord des entreprises et des pouvoirs publics, qui disposent de moyens d’enquête supérieurs à ceux du client contemplant une étiquette dont la précision s’arrête généralement au pays de fabrication.
Les technologies numériques ont également modifié les méthodes de recrutement. Les réseaux sociaux permettent aux trafiquants de contacter directement les adolescents, de gagner progressivement leur confiance et de leur proposer un déplacement ou un travail.
Les mêmes outils peuvent servir à repérer les annonces suspectes, identifier des réseaux et diffuser des messages de prévention. La technologie n’est donc ni la cause unique ni la solution miraculeuse. Elle amplifie ce que les hommes décident d’en faire.
La tradition chrétienne affirme que la personne ne peut jamais être réduite à une marchandise. Cette conviction prend ici une signification très concrète. Il ne suffit pas de condamner abstraitement l’esclavage ancien tout en tolérant des circuits économiques qui rendent possible un esclavage moins visible.
La Journée mondiale du 30 juillet risque naturellement de produire son lot de déclarations vite oubliées. Son utilité dépendra des mesures adoptées ensuite : coopération policière, protection des témoins, accueil des victimes, contrôle des entreprises et financement durable des structures éducatives.
La question décisive demeure celle de l’abandon. Un trafiquant réussit souvent parce qu’il arrive avant l’école, avant les services sociaux, avant la communauté religieuse et parfois avant la famille elle-même.
Combattre la traite consiste donc aussi à construire une société dans laquelle aucune fausse promesse ne puisse apparaître à un enfant comme son unique possibilité d’avenir.
Note culturelle
Fondée en 1997, Jugend Eine Welt est une organisation autrichienne de coopération au développement liée à la tradition salésienne. Elle soutient principalement des projets destinés aux enfants et aux jeunes défavorisés.
L’œuvre de Don Bosco repose sur une pédagogie dite préventive, fondée sur la raison, la religion et l’affection. Elle cherche à entourer les jeunes avant qu’ils ne soient absorbés par la violence, l’exploitation ou la criminalité.
Sources
Jugend Eine Welt : soutenir les enfants victimes de la traite
Katholisch.at : la traite des êtres humains menace des millions d’enfants
Organisation des Nations unies : Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains
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