Une statue médiévale retrouve sa chapelle du Haut-Valais après un siècle

 

Un petit retour qui raconte un grand changement du patrimoine religieux.





Saint du jour

Sainte Radegonde

Née vers 520 dans la famille royale de Thuringe, sainte Radegonde fut emmenée en Gaule après la conquête de son royaume par les Francs et devint l'épouse du roi Clotaire Ier. Elle quitta ensuite la cour pour embrasser la vie religieuse et fonda à Poitiers le monastère Sainte-Croix. Son origine thuringienne en fait une figure particulièrement appropriée au monde germanique. Elle mourut le 13 août 587.


Zusammenfassung

Nach mehr als hundert Jahren ist eine spätgotische Heiligenfigur in ihre ursprüngliche Kapelle im Oberwallis zurückgekehrt. Die aus dem 15. oder 16. Jahrhundert stammende Skulptur befand sich lange im Alpinen Museum der Schweiz und wurde nun nach Baltschieder zurückgebracht. Neue Untersuchungen deuten darauf hin, dass sie nicht den heiligen Jakobus, sondern wahrscheinlich den Wüstenvater Antonius darstellt. Die Rückgabe zeigt einen Wandel im Umgang mit kirchlichem Kulturerbe: Religiöse Kunst soll nicht nur im Museum bewahrt, sondern auch wieder mit ihrem ursprünglichen Ort verbunden werden.


Article

Il aura fallu plus d'un siècle et, pour les derniers kilomètres, un hélicoptère.

Une petite statue gothique des XVe ou XVIe siècles a retrouvé la chapelle de Hobitzu, dans la vallée de Baltschieder, dans le Haut-Valais germanophone. L'œuvre avait quitté cette chapelle alpine isolée, située à environ 2 200 mètres d'altitude, après sa reconstruction dans les années 1920. Elle avait alors intégré les collections du Musée alpin suisse.

La commune de Baltschieder en a demandé la restitution. Celle-ci a eu lieu le 10 juillet 2026 et l'information a été rendue publique en août. Après avoir été exposée pendant des décennies puis conservée dans un dépôt, la sculpture est donc revenue dans son paysage d'origine.

L'histoire réserve en outre une petite surprise hagiographique.

Pendant longtemps, le personnage avait été identifié à saint Jacques. Mais une nouvelle expertise constate l'absence de ses attributs habituels : ni coquille, ni chapeau ni besace de pèlerin.

Les spécialistes pensent désormais qu'il pourrait s'agir de saint Antoine d'Égypte, père du monachisme chrétien. La statue aurait été sculptée dans le sud de l'Allemagne ou en Alsace.

L'intérêt de l'affaire dépasse donc largement la charmante histoire d'une statue prenant l'hélicoptère.

Elle illustre une évolution dans la conception du patrimoine religieux. Au XIXe et au début du XXe siècle, les musées urbains ont souvent recueilli des objets provenant de chapelles rurales abandonnées ou fragiles. Cette politique en a sauvé beaucoup de la destruction ou du commerce des antiquités.

Aujourd'hui apparaît une logique complémentaire : un objet religieux appartient aussi à un lieu, à une communauté et à un paysage.

Une statue de saint Antoine derrière une vitrine possède une valeur artistique. Dans une chapelle alpine où des générations ont prié devant elle, elle retrouve également une partie de sa signification.

Dans une Europe où tant d'églises se demandent ce qu'elles feront de leur patrimoine, le minuscule Hobitzu suggère ainsi une réponse : parfois, conserver ne signifie pas déplacer vers le musée.

Cela peut aussi signifier rendre.


Note culturelle

Le Haut-Valais constitue la partie germanophone du canton du Valais et conserve un paysage catholique particulièrement marqué par les chapelles, croix de chemins et sanctuaires de montagne.

La restitution de Baltschieder est d'autant plus intéressante que la sculpture semble elle-même relier plusieurs régions du monde germanique : conservée en Suisse, elle aurait été produite dans le sud de l'Allemagne ou en Alsace.


Sources

  • cath.ch, « Une statue d'un saint retrouve sa chapelle du Haut-Valais après 100 ans d'exil », août 2026.

  • Musée alpin suisse, documentation sur la restitution de l'œuvre.

  • Éphémérides du 13 août et notices hagiographiques consacrées à sainte Radegonde.


Pour aller plus loin

Les archives de La Chrétienté germanique ont été contrôlées avant le choix de ce sujet. Je n'insère pas de permaliens internes qui ne peuvent être vérifiés exactement.


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Une œuvre religieuse est-elle mieux protégée dans un musée ou dans le lieu pour lequel elle avait été créée ? La restitution de Baltschieder rappelle que le patrimoine chrétien est à la fois artistique, historique et cultuel.

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