🇵🇸🎒 Gaza : après trois ans, 1 005 enfants retournent enfin à l’école catholique
Le Patriarcat latin vient de rouvrir l’école rattachée à la paroisse de la Sainte-Famille. De la maternelle à la terminale, plus d’un millier d’élèves retrouvent une véritable salle de classe dans un lieu qui avait servi de refuge pendant la guerre
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🌍 الملخص
أعادت مدرسة البطريركية اللاتينية في غزة فتح أبوابها رسميًا للعام الدراسي 2026-2027 بعد نحو ثلاث سنوات من انقطاع التعليم المنتظم. واستقبلت المدرسة 1005 طلاب وطالبات من مرحلة الروضة وحتى المرحلة الثانوية، وعاد 77 معلماً إلى العمل.
خلال سنوات الحرب، استخدمت رعية العائلة المقدسة مبانيها لإيواء النازحين، لكنها استمرت في الوقت نفسه في تقديم أشكال من التعليم للأطفال الموجودين فيها. ومع تحسن إمكانية استخدام المباني من جديد، عاد المكان إلى مهمته المدرسية.
ولا تزال الصعوبات كثيرة، من نقص الأثاث والقرطاسية إلى الحاجة إلى دعم نفسي للأطفال والمعلمين. لكن عودة أكثر من ألف طفل إلى الصفوف تعني شيئاً أساسياً: في وسط مجتمع مجروح، لا تريد الكنيسة فقط حماية الحاضر، بل أيضاً إعداد المستقبل.
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Article
Le bruit d’une cloche d’école au milieu d’une ville blessée
Le 22 septembre 2026, l'école du Patriarcat latin de Gaza a officiellement rouvert pour l'année scolaire 2026-2027. Après près de trois ans d'interruption de l'enseignement régulier, 1 005 élèves ont repris le chemin des classes, des plus petits de maternelle jusqu'aux élèves de terminale. Soixante-dix-sept enseignants ont également retrouvé leur travail.
Le père Gabriel Romanelli, curé de la paroisse catholique de la Sainte-Famille, a raconté l'émotion des familles lors de cette rentrée. Des parents et des enfants avaient les larmes aux yeux en retrouvant un cadre scolaire qu'ils n'avaient plus connu normalement depuis des années. Dans un territoire encore confronté à de très graves difficultés matérielles et humaines, remettre un enfant derrière un bureau devient presque un acte de reconstruction.
Une école devenue refuge
Pendant la guerre, les bâtiments de la paroisse et de l'école n'avaient pas cessé d'être utilisés. Leur fonction avait simplement changé. La Sainte-Famille a accueilli des personnes déplacées et tenté, dans la mesure du possible, de maintenir une forme d'enseignement pour les enfants hébergés sur place.
Au printemps 2026, une partie des familles ayant pu quitter les locaux paroissiaux ou trouver un autre hébergement, davantage d'espace est redevenu disponible. Le lieu qui avait servi de refuge peut donc progressivement retrouver sa vocation éducative. La transformation est hautement symbolique : des salles destinées à protéger physiquement des familles recommencent à servir à préparer intellectuellement leurs enfants.
Une école chrétienne qui accueille bien au-delà des chrétiens
Il serait trompeur d'imaginer cet établissement comme une petite école réservée à la minorité catholique de Gaza. L'école du Patriarcat accueille des élèves appartenant à la société locale bien plus large. Le Patriarcat latin présente d'ailleurs l'éducation comme l'un de ses principaux services pastoraux au bénéfice de toute la communauté.
Cette ouverture explique l'importance d'un établissement chrétien dans une région où les chrétiens constituent une minorité infime. Sa présence ne se mesure pas uniquement au nombre de baptisés. Elle se manifeste aussi par des enseignants, des salles de classe et des enfants de différentes familles qui reçoivent ensemble une formation.
Le retour à l’école ne signifie pas le retour à la normale
Les responsables du Patriarcat prennent soin de ne pas présenter la réouverture comme si toutes les difficultés avaient disparu. L'établissement manque encore de mobilier, de fournitures scolaires et de matériel pédagogique élémentaire. Après trois années de bouleversements, remettre un programme scolaire en fonctionnement demande beaucoup plus que rouvrir une porte.
À cela s'ajoute une question plus profonde : celle des traumatismes. Le programme prévoit donc des activités de soutien psychologique destinées aux enfants mais également aux enseignants. Certains élèves reviennent en classe après avoir connu déplacement, peur, deuil ou interruption prolongée de leur scolarité. On ne peut pas simplement reprendre la leçon à l'endroit où elle s'était arrêtée trois ans auparavant.
« Sans éducation, comment peut-il y avoir de l’espoir ? »
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa a plusieurs fois insisté sur cette dimension. Selon le Patriarcat latin, il résume l'enjeu par une question très simple : « Sans éducation pour les enfants, comment peut-il y avoir de l'espoir ? »
Cette phrase permet de comprendre pourquoi une Église investit des moyens importants dans une école alors que les besoins humanitaires restent immenses. Nourrir et protéger les enfants répond à l'urgence présente. Les éduquer signifie considérer qu'ils auront aussi un avenir auquel il faut dès maintenant les préparer.
Une coïncidence forte avec le 27 septembre
La réouverture prend une résonance particulière au moment où l'Église célèbre, ce 27 septembre, la Journée mondiale du migrant et du réfugié. Léon XIV a choisi pour 2026 le thème « Même pour un seul de ces enfants », consacré spécialement aux mineurs déplacés, réfugiés ou contraints de quitter leur foyer.
Le pape demande de regarder l'enfant avant de regarder son statut de migrant et insiste notamment sur son droit à l'éducation. À Gaza, cette réflexion ne reste pas abstraite. La paroisse de la Sainte-Famille a elle-même hébergé des centaines de personnes déplacées, et une partie des enfants aujourd'hui assis en classe a directement connu cette expérience.
L’école comme lieu de guérison
Le père Romanelli souhaite que l'établissement devienne un lieu où puissent grandir « l'amour, la guérison et le respect mutuel ». L'expression indique que la mission de l'école dépasse désormais l'enseignement classique. Mathématiques, langues et sciences doivent être accompagnées d'un travail beaucoup plus difficile : réhabituer des enfants à une forme de vie régulière.
L'horaire d'une classe, la présence d'un professeur, une cour de récréation et le retour des camarades peuvent sembler banals dans une société stable. Après une longue interruption, ces choses ordinaires deviennent précisément ce qui permet à un enfant de retrouver un monde prévisible.
Une Église qui reste par les institutions
La réouverture rejoint aussi une question déjà abordée à Jérusalem : le christianisme de Terre sainte ne survit pas uniquement par ses sanctuaires. Il demeure vivant parce qu'il existe encore des écoles, hôpitaux, paroisses et œuvres sociales capables de servir la population.
À Gaza, cette dimension devient particulièrement visible. La Sainte-Famille est à la fois paroisse, refuge, lieu de prière et désormais de nouveau véritable établissement scolaire. La petite communauté chrétienne locale exerce ainsi une présence très supérieure à son poids démographique.
Pourquoi cela compte
Le retour de 1 005 élèves ne signifie évidemment pas que la situation de Gaza est redevenue normale. Il serait même dangereux de transformer cette rentrée en image artificiellement rassurante. Les difficultés matérielles et humaines restent considérables, et le Patriarcat lui-même souligne les pénuries auxquelles l'établissement doit encore faire face.
Mais une école qui rouvre dit malgré tout quelque chose de fondamental. Après avoir passé des années à protéger des vies, une communauté recommence à organiser l'avenir. Au milieu des blessures, elle affirme qu'un enfant n'est pas seulement quelqu'un qu'il faut sauver aujourd'hui : c'est aussi quelqu'un à qui il faut permettre de grandir demain.
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🏺 Note culturelle : l’école de Gaza existe depuis 1974
L'école de la Sainte-Famille a été construite par le Patriarcat latin en 1974. Avant la guerre, elle constituait déjà l'une des grandes œuvres éducatives chrétiennes de Gaza, aux côtés notamment de l'école des Sœurs du Rosaire.
La reprise de 2026 s'accompagne d'un nouveau bâtiment destiné à la maternelle. L'établissement n'est donc pas seulement restauré après une interruption : il est également adapté à une nouvelle génération d'élèves.
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📚 Pour aller plus loin
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Un prolongement sur la vocation sociale et universelle des institutions chrétiennes de Terre sainte.
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🔎 Sources
Patriarcat latin de Jérusalem, réouverture officielle de l’école de Gaza
Vatican News, le père Romanelli présente la réouverture comme un signe d’espérance
Vatican News, informations de L’Œuvre d’Orient du 24 septembre
Vatican, message de Léon XIV pour la Journée mondiale des migrants et des réfugiés du 27 septembre
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Dans une société sortie de plusieurs années de guerre, l'école peut-elle devenir l'un des premiers véritables instruments de reconstruction et de guérison collective ?
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