Deux théologiens germanophones nommés au Vatican
Ils rejoignent la Commission théologique internationale pour cinq ans.
La nomination de Bernhard Knorn et Jan-Heiner Tück donne au monde germanophone une place dans les travaux théologiques du Saint-Siège.
Résumé en allemand
Zwei deutschsprachige Theologen gehören künftig der Internationalen Theologischen Kommission an. Bernhard Knorn lehrt in Frankfurt am Main, Jan-Heiner Tück an der Universität Wien. Die Kommission berät den Heiligen Stuhl in wichtigen theologischen Fragen.
Article
Le pape Léon XIV a nommé le jésuite Bernhard Knorn et le professeur Jan-Heiner Tück à la Commission théologique internationale, pour le mandat 2026-2031. Cette instance de trente membres aide le Saint-Siège à examiner des questions doctrinales importantes et actuelles.
Bernhard Knorn enseigne la dogmatique et l’œcuménisme à la faculté Sankt Georgen, à Francfort. Ses recherches portent notamment sur l’histoire des dogmes, le dialogue entre les Églises et le dialogue interreligieux. Sa thèse s’intéressait à l’idée chrétienne de réconciliation ; il a également travaillé sur le rapprochement entre l’Allemagne et la Pologne après la Seconde Guerre mondiale.
Cette trajectoire dessine une sensibilité attentive à l’unité chrétienne et à la réconciliation, sans effacer les différences doctrinales. Knorn est aussi membre de l’Institut Alois-Cardinal-Grillmeier, consacré à l’histoire des dogmes, à l’œcuménisme et au dialogue interreligieux. Son approche associe donc l’étude précise de la doctrine à l’écoute des autres traditions.
Jan-Heiner Tück dirige le département de théologie dogmatique et d’histoire du dogme à l’Université de Vienne. Ses domaines de recherche comprennent la christologie, la théologie de Dieu, l’eschatologie et le dialogue entre juifs et chrétiens. Il s’intéresse aussi aux liens entre littérature et théologie, notamment à la manière dont les œuvres littéraires interrogent la foi, la souffrance et la mémoire.
Tück intervient régulièrement dans les débats publics sur l’Église. Il prend au sérieux l’héritage du concile Vatican II et son ouverture au dialogue avec les autres chrétiens, le judaïsme et les religions non chrétiennes. Il ne se contente toutefois pas d’opposer réforme et tradition : ses prises de position soulignent aussi les questions de continuité doctrinale et d’unité ecclésiale.
Les deux nominations réunissent ainsi des profils complémentaires. Knorn apporte une expérience de l’œcuménisme, de la réconciliation et du dialogue entre religions ; Tück relie la dogmatique aux débats contemporains, au dialogue judéo-chrétien et à la littérature. Leurs sensibilités ne se résument pas à une étiquette : elles invitent à articuler fidélité doctrinale, dialogue et présence de la foi dans le monde actuel.
Note culturelle
La Commission théologique internationale est consultative : elle étudie des questions et remet ses travaux au Saint-Siège. Elle ne constitue pas un concile et ne décide pas seule de la doctrine catholique.
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