Le charisme peut-il devenir un instrument de pouvoir ?
Une étude menée auprès de deux communautés catholiques examine les mécanismes d’abus spirituels et l’emprise du charisme.
Une étude de l’université de Münster examine les abus spirituels dans deux communautés catholiques allemandes et interroge la responsabilité des diocèses qui les ont accompagnées.
Zusammenfassung: Eine Studie der Universität Münster untersucht geistlichen Missbrauch in zwei katholischen Gemeinschaften. Sie fragt auch nach der Verantwortung der Bistümer und nach besseren Schutzmaßnahmen für die Zukunft.
Article
Une étude présentée par l’université de Münster le 25 septembre analyse l’abus spirituel à partir de deux communautés catholiques : la « Christusgemeinschaft », liée au diocèse d’Osnabrück, et « Totus Tuus Neuevangelisierung », dans le diocèse de Münster. Les chercheurs ont travaillé pendant trois ans et demi sur des archives et ont mené 117 entretiens, dont 81 avec des personnes se présentant comme victimes ou anciens membres.
Les auteurs définissent l’abus spirituel comme une prise de pouvoir sur la vie intérieure et la conscience d’autrui au moyen d’un langage religieux. Dans les cas étudiés, des notions comme l’obéissance, l’humilité ou le don de soi auraient parfois servi à justifier des pratiques de contrôle, de pression et d’humiliation. L’étude porte précisément sur ces deux communautés : elle ne permet pas de généraliser ses conclusions à toutes les communautés catholiques allemandes.
Les chercheurs examinent aussi la manière dont les diocèses ont réagi. Selon leur analyse, le désir de soutenir des communautés jugées porteuses de renouveau a pu conduire des responsables à minimiser certains avertissements ou à mettre en doute les personnes qui les formulaient. Les évêques de Münster et d’Osnabrück ont annoncé qu’ils soutiendraient la reconnaissance de l’abus spirituel dans le droit canonique. Il s’agit d’une démarche annoncée, pas encore d’une nouvelle règle adoptée.
Cette étude pose une question délicate pour la vie de l’Église : comment accueillir le désir d’une foi intense sans permettre à une autorité charismatique de s’emparer de la conscience des personnes ? Les auteurs appellent à mieux reconnaître les signes de contrôle et à renforcer les procédures de protection et d’écoute.
Pour aller plus loin
Sources : université de Münster, diocèse d’Osnabrück, The Tablet.
Note culturelle : L’expression « abus spirituel » désigne ici une forme de contrôle de la conscience exercée au moyen d’une autorité ou d’un discours religieux. Elle ne se confond pas automatiquement avec l’abus sexuel, même si différentes formes d’emprise peuvent parfois se recouper.
Comment mieux protéger la liberté de conscience au sein des communautés religieuses ?
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