Synodalité : le rappel d’Oslo qui interpelle le catholicisme allemand

 

Écouter les fidèles oblige-t-il à remettre la foi en chantier ?



Die geplante Diözesansynode von Oslo wirft eine Frage auf, die auch den deutschen Katholizismus beschäftigt: Wie gehören offene Beratung und Treue zur kirchlichen Lehre zusammen? Bischof Fredrik Hansen setzt auf Glaubensvermittlung, Evangelisierung und die Stärkung der Gemeinden. Ein Kommentator auf katholisch.de kritisiert jedoch die vorab gesetzten Grenzen.

Un synode pour évangéliser, transmettre la foi et organiser les paroisses : le programme de Mgr Fredrik Hansen paraît naturel pour un évêque catholique. Pourtant, son refus de faire du prochain synode d’Oslo une instance de révision doctrinale a suscité une critique sur le portail allemand Katholisch.de. Cette controverse révèle des conceptions différentes de la consultation des fidèles.

Annoncé le 29 juillet 2026, le premier synode diocésain d’Oslo doit tenir sa première assemblée à l’automne 2027. La promulgation des textes est prévue le 29 juillet 2029, avant le jubilé de saint Olaf en 2030. Les travaux porteront notamment sur un nouveau plan pastoral et sur les statuts des conseils diocésains et paroissiaux.

Dans un entretien à Kath.net, publié en anglais le 27 octobre et en allemand le 30 octobre, Hansen précise ses priorités : l’évangélisation des jeunes et l’accompagnement des communautés immigrées. Comment transmettre la foi aux nouvelles générations ? Comment renforcer l’unité de paroisses où plusieurs langues coexistent ? L’évêque invoque l’exemple des synodes de saint Charles Borromée : une réforme concrète de la vie chrétienne, enracinée dans la foi de l’Église.

La réaction allemande mérite cependant d’être rapportée avec précision. Le 12 août, Christoph Brüwer publiait une tribune dénonçant des « interdictions synodales de penser ». Cette opinion personnelle n’est pas une déclaration de l’épiscopat allemand. Le portail le précise expressément. On ne saurait donc présenter cette controverse comme un affrontement entre l’ensemble de l’Église allemande et l’évêque d’Oslo.

Brüwer reconnaît lui-même qu’un synode diocésain ne peut modifier les règles de l’Église universelle. Sa critique porte surtout sur la méthode : annoncer des restrictions avant même la consultation pourrait, selon lui, décourager une expression sincère des fidèles. Le désaccord concerne donc aussi la manière d’articuler confiance, liberté de parole et autorité épiscopale.

La position de Hansen possède néanmoins un fondement précis. L’instruction romaine de 1997 sur les synodes diocésains demande à l’évêque d’écarter des discussions les propositions contraires à la doctrine ou concernant des matières disciplinaires réservées à une autre autorité. Ce cadre n’a pas été inventé à Oslo pour fermer une discussion embarrassante.

Mais ce cadre comporte également une exigence d’écoute. Le canon 465 prévoit la libre discussion des questions proposées. L’instruction souligne que les membres du synode collaborent activement à l’élaboration de ses textes : leur participation ne doit pas devenir une simple formalité. La fidélité doctrinale et le sérieux de la consultation engagent donc ensemble la responsabilité de l’évêque.

Pour le catholicisme allemand, l’expérience norvégienne pose une question féconde : pourquoi mesurer la valeur d’un synode principalement à sa capacité de proposer des changements doctrinaux ? La catéchèse, la mission, l’accueil et la vie paroissiale constituent déjà un immense chantier.

Écouter les difficultés des fidèles est indispensable. Cette écoute peut conduire à mieux expliquer la foi, à corriger des pratiques pastorales défaillantes et à renouveler l’élan missionnaire. C’est aussi sur ces résultats que le synode d’Oslo devra être jugé.

La foi reçue n’épuise pas la discussion : elle lui donne une direction.

Sources :


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