20 août 1890 : les Bavarois consacrent une église presque au sommet du Wendelstein

 

À 1 790 mètres, la foi prend de la hauteur.





Saint du jour

Bienheureux Georg Häfner

Né à Würzburg en 1900, Georg Häfner devint prêtre du diocèse et curé d’Oberschwarzach. Opposé au nazisme, il refusa notamment le salut hitlérien et poursuivit son enseignement religieux malgré les interdictions. Arrêté par la Gestapo, il fut déporté à Dachau en décembre 1941 et y mourut d’épuisement et de mauvais traitements le 20 août 1942. Benoît XVI autorisa sa reconnaissance comme martyr ; il fut béatifié à Würzburg en 2011 et sa mémoire liturgique est fixée au 20 août.


Zusammenfassung

Am 20. August 1890 wurde die Wendelsteinkirche in den Bayerischen Alpen geweiht. Auf 1.790 Metern Höhe gilt sie bis heute als höchstgelegene Kirche Deutschlands. Ihre Entstehung geht auf den Münchner Kunstprofessor Max Kleiber und den Wunsch der ersten Wirtin des Wendelsteinhauses zurück, auch hoch oben am Berg eine Kirche besuchen zu können. Der 20. August erinnert zugleich an den seligen Georg Häfner, der 1942 im Konzentrationslager Dachau starb. Zwei sehr unterschiedliche Geschichten zeigen damit zwei Gesichter des bayerischen Katholizismus: verwurzelte Volksfrömmigkeit und Widerstand des Gewissens.


Article

Le 20 août 1890, l’archevêque de Munich Antonius von Thoma consacrait, dans les Alpes bavaroises, une petite église construite à 1 790 mètres d’altitude.

Cent trente-six ans plus tard, la Wendelsteinkirche est toujours présentée comme l’église la plus élevée d’Allemagne. Il existe des chapelles situées plus haut, notamment sur la Zugspitze, mais l’édifice du Wendelstein possède juridiquement le statut d’église.

Son histoire commence de manière étonnamment simple.

Rosa Krimbacher, première aubergiste du Wendelsteinhaus, se serait plainte de vivre toute l’année sur la montagne sans pouvoir aller à l’église. Le professeur d’art munichois Max Kleiber prit l’idée au sérieux. Des paysans offrirent le terrain ; des donateurs financèrent le projet et la première pierre fut posée le 1er juillet 1889.

La construction elle-même ressemble presque à une légende alpine. Kleiber fit rechercher des soutiens jusqu’à l’étranger, y compris aux États-Unis. Un fabricant munichois donna la grande croix dorée destinée au clocher ; Kleiber aurait personnellement transporté jusqu’au sommet cette croix d’environ quarante kilos.

L’église fut dédiée à la Patrona Bavariae, la Vierge Marie protectrice de la Bavière.

Aujourd’hui encore, des messes de montagne y sont célébrées les dimanches de mai à octobre. Des mariages peuvent également y être célébrés. Le bâtiment n’est donc pas devenu seulement une curiosité touristique : il reste un lieu cultuel vivant.

Le choix du 20 août offre cependant un contraste saisissant.

Exactement cinquante-deux ans après la consécration de cette église bavaroise, Georg Häfner mourait à Dachau.

L’un des symboles du catholicisme bavarois était né dans l’enthousiasme populaire et la beauté des montagnes ; un demi-siècle plus tard, un prêtre bavarois payait de sa vie son refus de plier devant une dictature.

Häfner avait continué à enseigner la religion malgré les restrictions nazies et refusait ostensiblement le salut hitlérien. Arrêté en 1941, il fut envoyé à Dachau où il mourut le 20 août 1942, affamé et épuisé.

Ces deux histoires n’ont évidemment pas de lien causal.

Mais leur rencontre dans le calendrier raconte quelque chose de la chrétienté germanique : la foi peut bâtir une église au-dessus des nuages et, quelques décennies plus tard, obliger un homme à tenir debout dans un camp de concentration.

Le Wendelstein offre la beauté.

Häfner rappelle le prix possible de la fidélité.


Note culturelle

Il existe en réalité deux édifices religieux sur le Wendelstein. La Wendelsteinkirche de 1890 se trouve une centaine de mètres sous le sommet. Plus haut se trouve une véritable chapelle dédiée à saint Wendelin, construite dès 1718 par un paysan reconnaissant d’avoir retrouvé ses chevaux perdus dans le brouillard.

La montagne possède donc sa petite subtilité canonique : ce que beaucoup appellent « la chapelle du Wendelstein » est en réalité l’église ; la vraie chapelle est encore plus haut.


Sources


Pour aller plus loin


Commenter / S’abonner

Une église au sommet d’une montagne est-elle d’abord un acte de piété, un symbole identitaire ou une manière de sanctifier un paysage ?

Et le bienheureux Georg Häfner rappelle une autre question : à quoi sert une foi bien enracinée si elle ne donne pas aussi le courage de résister lorsque l’époque exige le compromis ?

Commentez et abonnez-vous à La Chrétienté germanique.




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

✦ Hermann Joseph von Steinfeld, Mystique et grand amoureux de la Vierge Marie en Rhénanie

Sainte Emma de Gurk – la comtesse au cœur large comme la Carinthie/ Heilige Hemma von Gurk – die Gräfin mit dem Herz so weit wie Kärnten

🕊️ SAINT PANTALÉ († 558), Premier évêque de Bâle, bâtisseur de ponts entre foi et peuples.