Le lendemain du 20 juillet : quand la conscience catholique entra dans la résistance
Stauffenberg, Alfred Delp et les chrétiens allemands face au devoir de désobéir à la dictature
Saint du jour : saint Arbogast de Strasbourg
Arbogast aurait d’abord vécu en ermite dans la forêt de Haguenau, où sa réputation attira progressivement des disciples. Il devint évêque de Strasbourg vers le milieu du VIIe siècle et participa à l’enracinement du christianisme en Alsace. Plusieurs miracles lui furent attribués par la tradition, notamment la guérison ou le retour à la vie d’un fils du roi Dagobert. Mort un 21 juillet, probablement en 678, il demeure l’un des patrons historiques du diocèse de Strasbourg.
Zusammenfassung
Am 21. Juli 1944 wurden Claus Schenk Graf von Stauffenberg und mehrere seiner Mitverschwörer im Berliner Bendlerblock erschossen. Der Umsturzversuch gegen Hitler war gescheitert. Neben militärischen Widerstandskämpfern beteiligten sich auch christliche Persönlichkeiten wie der Jesuit Alfred Delp an Überlegungen über ein Deutschland nach dem Nationalsozialismus. Ihr Widerstand stellte die schwierige Frage, wann Gehorsam gegenüber dem Staat zur moralischen Schuld wird.
Article
Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1944, le colonel Claus Schenk Graf von Stauffenberg, Werner von Haeften, Friedrich Olbricht et Albrecht Mertz von Quirnheim furent fusillés dans la cour du Bendlerblock, à Berlin. Quelques heures plus tôt, la bombe déposée par Stauffenberg dans le quartier général d’Hitler avait explosé sans tuer le dictateur. Le coup d’État préparé sous le nom d’opération Walkyrie s’effondra rapidement.
La mémoire du 20 juillet a parfois transformé Stauffenberg en héros parfaitement limpide. La réalité est plus complexe. Officier conservateur, aristocrate et patriote, il ne fut pas dès l’origine un adversaire du régime. Son opposition se renforça progressivement, à mesure qu’il constatait la criminalité du national-socialisme, la destruction du droit et les crimes commis pendant la guerre.
Son éducation catholique ne suffit pas à expliquer son engagement, mais elle participa à sa conception de la responsabilité. Le Mémorial de la Résistance allemande souligne qu’il avait été élevé dans le catholicisme et qu’il développa très tôt une conscience sociale et éthique.
La résistance chrétienne ne se limita cependant pas au cercle militaire. Le jésuite Alfred Delp rejoignit en 1942 le cercle de Kreisau, groupe composé de juristes, de diplomates, de socialistes, de protestants et de catholiques qui réfléchissaient à la reconstruction morale, politique et sociale de l’Allemagne après Hitler. Delp apporta notamment une réflexion sur la doctrine sociale chrétienne, la dignité humaine et la responsabilité de l’Église dans une société future.
Il ne participa pas directement à la préparation de l’attentat. Cela ne le sauva pas. Arrêté après l’échec du 20 juillet, il fut condamné par le Tribunal du peuple et exécuté le 2 février 1945. Son appartenance au cercle de Kreisau et sa fidélité à une vision chrétienne de l’homme suffisaient à faire de lui un ennemi du régime.
Ces parcours obligent à dépasser l’image rassurante d’une Église allemande unanimement résistante. De nombreux catholiques se turent, s’adaptèrent ou cherchèrent avant tout à préserver leurs institutions. D’autres s’opposèrent sur des points précis sans aller jusqu’à remettre en cause le régime. Quelques-uns seulement acceptèrent de risquer leur position, leur liberté ou leur vie.
La question posée par le 20 juillet reste pourtant profondément chrétienne : à quel moment l’obéissance cesse-t-elle d’être une vertu ?
Le christianisme ne fait pas de toute révolte un acte juste. Mais il refuse également que l’État devienne une autorité absolue. Lorsque le pouvoir ordonne le crime, détruit la dignité humaine et exige la complicité des consciences, la fidélité au bien peut imposer la désobéissance.
Stauffenberg et Delp suivirent des itinéraires différents. L’un choisit l’action militaire, l’autre la réflexion intellectuelle et spirituelle. Tous deux découvrirent que, sous une dictature, ne rien faire constitue parfois encore une décision.
Note culturelle
Le Bendlerblock abrite aujourd’hui le Mémorial de la Résistance allemande. La cour où furent fusillés Stauffenberg et ses compagnons est devenue un lieu national de commémoration. Le bâtiment demeure également lié au ministère allemand de la Défense, comme si l’État démocratique avait choisi d’installer sa mémoire militaire à l’endroit même où des officiers refusèrent finalement d’obéir.
Sources
Mémorial de la Résistance allemande, Fondation Freya von Moltke, diocèse de Strasbourg et documentation du cercle de Kreisau.
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Stauffenberg doit-il être considéré comme un héros chrétien, malgré les ambiguïtés de son parcours ? La résistance armée peut-elle devenir un devoir moral face à une dictature ? Partagez votre analyse dans les commentaires.
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